Sophrologie et smartphone, exercices de rentrée

Chères lectrices, chers lecteurs,

Statistiquement, nombreux sont celles et ceux pour qui la fin du mois d’août a signé la reprise du travail. Au-delà des statistiques, le mois de septembre marque une période charnière : celle de la rentrée. Rentrée au travail après les vacances, rentrée scolaire, reprise des activités sportives ou artistiques ou tout simplement rentrée dans l’automne (bientôt). L’avantage d’une période charnière est qu’elle peut facilement servir de point de départ pour de bonnes résolutions, de santé et de bien-être ! Point de départ sur votre chemin (si vous ne l’avez pas lu, c’est mon dernier article). Alimentation, sport, activité spirituelle ? Choisissez le chemin qui vous fait plaisir. Et si vous en profitiez d’abord pour vous reconnecter avec vous-même et partir du bon pied, ici et maintenant ? Je vous propose dans cet article, qui se veut pratique, une réflexion ainsi que des exercices autour d’un ami commun à nombre d’entre nous : le téléphone, ou devrais-je dire le « smart »phone… car en plus de permettre de téléphoner, il est malin. Plus malin que vous ? A vous de décider… en commençant par lire la suite.

votre_smartphone_et_vous

Le smartphone, donc. C’est l’objet support de l’article d’aujourd’hui, un article qui se veut pratique cette fois. Vous pourrez bien entendu adapter les exercices à d’autres situations/objets de votre vie quotidienne. Quel rapport entre le smartphone et la sophrologie ? Et bien… Il pourrait s’avérer être d’une grande aide pour vous reconnecter avec vous-même. Si si, lisez la suite !!! Vous savez qu’en sophrologie, on travaille l’ouverture de conscience (sinon je vous invite à relire mes précédents articles, par exemple « La sophrologie pour quoi ? » ou encore « Prévenir ou guérir ? »). Travailler l’ouverture de conscience, c’est commencer par se « reconnecter » avec soi-même.
Se reconnecter avec soi-même, c’est faire le lien entre son esprit et son corps, mais encore faut-il y penser. Typiquement, vous lisez cet article sous l’impulsion de contribuer à votre bien-être, et il vous est assez simple peut-être, ou pas, de faire le tour de votre corps par la pensée (« qu’est-ce que je sens dans le pied, dans le ventre… »), d’inspirer et de relâcher la tête, les épaules et les bras en expirant. Dans la vie de tous les jours, cela semble moins évident, non ?

Pourquoi parler de votre smartphone (si vous en avez un). Ce dernier est devenu en quelques années un objet quasi indispensable de la vie d’aujourd’hui. Quasi indispensable dans le sens où on le rend soi-même indispensable, consciemment ou non. Car il fait à peu près tout (sauf le café…) et on s’y habitue.

Pour ma part, je me souviens au début que je conservais fièrement mon vieux portable qui ne faisait que téléphone et alarme, en indiquant que je n’avais pas besoin du reste. Et puis il m’a fait faux bond, j’ai dû racheter un nouveau portable : un smartphone. Et aujourd’hui, il prend beaucoup de place dans mon emploi du temps, et sans m’en apercevoir la plupart du temps ! Car en observant un peu en détail, je me suis surpris plusieurs fois à l’allumer machinalement pour y regarder… je n’en savais rien, juste pour voir si une notification était par hasard arrivée depuis la dernière fois, moins de cinq minutes plus tôt ! Et si aucune notification, j’actualisais manuellement… au cas où… Dans un sens je me suis jugé accroc et je mets tout en oeuvre pour changer ça. Sous l’angle de la sophrologie, de l’ouverture de conscience.

Et vous ??? Etes-vous accroc à votre smartphone ? Combien de temps par jour y consacrez-vous ? Difficile à dire, non ? Il faudrait pouvoir ajouter une dizaine de secondes plusieurs fois dans la journée… pour s’apercevoir, peut-être, que cela se compte en dizaines de minutes, voire en heures à la fin de la journée.

Il se trouve que la réponse à la question « combien de temps ? » pourrait répondre à l’un des points énoncés dans mon article « Quelques astuces pour bien commencer la sophrologie » sur « comment libérer du temps dans votre agenda pour faire de la sophrologie ». Mais le lien à la sophrologie n’est pas uniquement le besoin de temps. Ce que je veux montrer dans cet article, c’est l’énorme potentiel de rappel à soi-même que représente le smartphone dans notre vie, pour les personnes qui se retrouveront dans cet article, bien évidemment. N’hésitez pas à partager avec votre entourage.

Un énorme potentiel de retour à soi-même.

« Oui mais… le smartphone fait tout le contraire aujourd’hui… il me déconnecte en permanence de ce que je fais… je ne vois pas comment il pourrait m’aider à me reconnecter » : qui est le plus smart ? Ou le plus malin (pour parler français) ? Votre smartphone ou vous-même ? Je vous propose dans la suite de l’article de mettre tout en œuvre pour que la réponse soit « vous-même ». Alors lisez la suite:-)

« Oui mais… mis bout à bout j’y passe certes peut-être un peu de temps, mais c’est pour boucher les petits trous de mon emploi du temps qui ne serviraient à rien sinon » : est-ce qu’il s’agit seulement de boucher des trous existants ou bien est-ce que cela crée aussi des trous qui n’existeraient pas autrement ? Et si cela ralentissait aussi vos autres activités ?

« Oui mais… on ne peut pas s’opposer au progrès qu’il représente » : il ne s’agit pas de remettre en question le smartphone et son utilité. Il s’agit de ne pas le subir, de prendre conscience de nos comportements conditionnés, d’utiliser ce lien pour un retour à soi. La suite dépendra de vous, mais le « dépendra de vous » suppose que vous êtes conscients de vos mécanismes. Faites l’exercice, vous serez peut-être plus surpris que vous ne le pensiez.

« Oui mais… ça sent le truc pourris votre exercice ! » : on peut toujours trouver un « oui mais », et vous pouvez remercier votre ego pour ça. Ce dernier trouvera toujours quelque chose à opposer à un changement que vous préparez ou risquez de vouloir mettre en œuvre. Surtout que le changement pourrait le remettre en question ! L’ego n’aime pas être vu, vous le verrez avec la pratique si vous faites de la sophrologie une habitude, ce que je vous souhaite.

Plus on multiplie les moments de conscience du moment présent, plus il devient facile de le faire dans la vie de tous les jours, quel que soit l’instant. Mais la plupart du temps, pris dans le tumulte de la vie quotidienne, dans le stress permanent du travail, des transports, des enfants malades, des factures à payer, des vacances à préparer, des regrets de ne pas avoir fait ceci ou cela, des changements, des imprévus… et bien on pense rarement à vivre le moment présent. N’est-ce pas vrai ? En partie du moins, cela n’engage que moi.

Dans ce tumulte du quotidien, on trouve cependant à peu près toujours le temps d’utiliser son smartphone (sans même avoir besoin de libérer du temps car bizarrement il y a justement du temps libre à chaque fois). News, emails, travail (pour ceux dont le smartphone est un instrument de travail), musique, vidéos, photos, réseaux sociaux, méditation (car la mode n’est plus à la méditation à l’ancienne, on se connecte à son smartphone pour ça et parfois même on va payer un abonnement. A méditer, en tout cas certains l’ont bien compris et en vivent…), achats, banque, tchat, téléphone (j’ai failli l’oublier), SMS et MMS, j’en passe et des meilleuresVolontaire ou subi ? Peu importe la réponse, c’est la question qui m’intéresse !

Pour revenir à l’énorme potentiel : si, à chaque fois que l’on prenait son smartphone, on en profitait pour respirer consciemment, ne serait-ce qu’une inspiration/expiration, ne serait-ce pas déjà beaucoup ? Je vous propose donc le premier exercice suivant :

Lorsque vous prenez votre téléphone pour y regarder quelque chose et avant d’allumer l’écran, arrêtez-vous (surtout si vous marchez dans la rue). Si possible, fermez les yeux et prenez une bonne inspiration consciente, notez où celle-ci se situe (ventrale ou thoracique, notez si vous ne savez pas), puis expirez lentement en relâchant la tête/le visage, les épaules et les bras, notez l’effet sur votre état avant/après. Peut-être même que vous ne ressentirez plus le besoin d’allumer l’écran…

Encore faut-il y penser, autrement dit être conscient du geste de prendre son smartphone. En voulant expérimenter cet exercice, vous allez peut-être vous apercevoir une fois votre smartphone en main que vous avez « oublié » de respirer avant, ou alors ne pas vous en apercevoir du tout… Dans le premier cas, c’est déjà un début d’ouverture de conscience. Notez simplement que vous y avez pensé, prenez votre respiration à ce moment-là ou essayez d’y penser avant la prochaine fois que vous prendrez votre smartphone. Ne culpabilisez pas, l’ouverture de conscience, la sophrologie, c’est un entraînement, une pratique quotidienne. Chaque prise de conscience est une progression à noter dans votre carnet de route (vous vous souvenez de votre feuille d’aventure ? A relire ici).

Dans les deux cas, pour vous aider à y penser, vous pouvez opter pour les gommettes. Si vous avez de jeunes enfants, comme moi, il y a de fortes chances que vous en ayez quelques-unes non utilisées dans un tiroir, sinon vous pouvez en trouver dans n’importe quelle papeterie, pour pas très cher (par rapport au service rendu). Choisissez une couleur, collez la gommette dans un coin de votre smartphone, de préférence à un endroit qui ne vient pas masquer un bouton tactile. Le tour est joué, le point de couleur inhabituel devrait vous rappeler à l’ordre la prochaine fois que vous voulez allumer l’écran. Vous remarquerez aussi les questions de vos amis et collègues : « c’est quoi cette gommette sur ton téléphone ? ». Observez votre réaction, amusez-vous de la réponse : « c’est pour faire parler les curieux » reste toujours une option si vous ne voulez pas en parler…

gommettes

Le point de couleur « inhabituel »… Comme on s’habitue à tout, pensez à changer si besoin la couleur de la gommette (d’où l’intérêt d’opter pour une pochette de gommettes multicolores). La couleur changée vous aidera à vous souvenir de prendre quelques secondes pour votre respiration consciente.

Maintenant que vous avez une astuce pour y penser (et penser à plein d’autres choses), et après quelques temps d’expérimentation, je vous propose, en plus de l’exercice précédent, de vous poser la/les question(s) suivante(s) après avoir expiré/relâché vos tensions :

Est-ce que j’éprouve réellement le besoin de consulter mon smartphone ? Si oui, comment se manifeste ce besoin ? Essayez de chercher l’endroit d’où il part. La tête ? La main ? Le cœur ? Quelle sensation ? N’y passez pas plus de 30 secondes, vous aurez peut-être d’autres éléments la prochaine fois, à force d’attention, ou d’a-tension comme aurait dit l’un de mes professeurs. Notez en fin de journée ce que vous avez retenu, dans votre carnet d’aventures. De jour en jour, vous verrez des changements.

Je vous laisse voir vos réponses au fil de l’eau, les notes que vous prendrez de jour en jour (rappelez-vous, c’est toujours bien d’écrire, ça permet d’extérioriser). Dites-moi en commentaire ou par mail ce que vous pensez de l’exercice, intéressant ?

Parfois, on ne sait même pas répondre à la première question. On répond par déduction « OUI », pensant que si l’on fait le geste pour allumer le téléphone, c’est qu’il y a évidemment un besoin. Avez-vous aussi ce réflexe ? Et quand il faut identifier les caractéristiques du besoin (les sensations du corps), c’est encore moins évident. Quant au lieu de naissance du besoin… Finalement, y-a-t-il réellement un besoin (quand bien même j’ai l’impression que oui) ? On arrive à cette question à laquelle j’ai souvent envie de répondre non, pour ma part et vis-à-vis du smartphone. A vous de trouver votre propre réponse.

Pour aller plus loin dans l’exercice, après vous être posé la(les) question(s) précédente(s), essayez de vous demander :

Est-ce que je peux me passer de consulter mon smartphone cette fois ? Si la réponse vous semble être non, essayez d’en chercher la raison ? Si la réponse vous semble être oui, attendez quelques minutes, notez vos sensations, comment vous sentez-vous ? Sentiment de manque ? Quelles sensations ? Puis-je vivre avec ces sensations et remettre à plus tard ?

Expérimentez, observez, notez ! Il n’y a pas de mauvaise observation.

Vous vous en doutez, ces exercices autour du smartphone ne font pas partie de la méthode sophrologique. Il s’agit plus d’exercices pratiques (je vous en proposerai d’autres, restez informé(e) des prochains articles sans oublier de respirer avant). Le but de ces exercices est de porter attention au moment présent, d’apprendre à être plus conscient de l’instant,  de donner le goût de l’observation de soi. Vous vous étonnerez peut-être de votre comportement face à votre smartphone, ou pas. Peut-être même vous rendrez-vous compte d’une certaine addiction dont vous n’étiez pas conscient(e). Au réveil, vous vous apercevrez peut-être qu’un de vos premiers réflexes est de regarder votre smartphone (Facebook, news…). Et qu’il n’est pas si simple de commencer la journée en prenant le temps de respirer consciemment, de faire le tour du propriétaire (scan corporel au réveil), de faire une séance de sophrologie, d’attendre quelques minutes avant de vous « reconnecter », pleinement conscient d’être éveillé, au flot d’informations externe qui ne s’arrête jamais ! Sauf quand vous le décidez… et la sophrologie est là pour vous aider sur votre chemin.

Quelle est votre expérience vis-à-vis de ces exercices ? Essayez, étape par étape, sans vouloir tout faire d’un coup. Prenez votre temps. Revenez ensuite sur cette page et dites-moi en commentaires. Des remarques, des suggestions, des critiques… vos commentaires sont les bienvenus.

Avec la pratique de cette prise de conscience, vous devriez aussi « gagner du temps », en supprimant les accès non nécessaires mais également en étant moins dispersé(e) dans vos activités quotidiennes. Vous aurez peut-être envie de développer l’habitude de vous accorder des plages de consultation, comme vous vous accorderez je l’espère du temps pour la sophrologie.

Plus de moments conscients, gains d’efficacité et de concentration sur vos autres tâches : c’est le résultat que je vous souhaite. Soyez plus connectés avec vous-même et vos ressentis afin de vivre et sentir pleinement l’instant présent.

Vous vous mettrez peut-être même à observer les autres et leurs comportements face au smartphone. Ne jugez pas, ou alors prenez conscience de vos jugements, mettez-les de côté et utilisez ces instants pour de nouveau respirer consciemment, sentir et ressentir ce qu’il se passe en vous et profiter de vos cinq sens au maximum.

Par exemple, quand je vois des gens le matin dans le bois de Vincennes, le casque sur les oreilles, le regard sur l’écran et parfois la cigarette à la bouche (tout ça en même temps), j’ai envie de leur dire qu’ils passent à côté de plein de choses : la nature, ses odeurs, ses sons… j’utilise ce « jugement » (que je laisse passer sans l’entretenir) comme un déclic supplémentaire pour profiter moi-même de l’instant, des couleurs, du chant des oiseaux, du contact de mes pas sur le sol, du mouvement de ma respiration, de mon calme intérieur. Et j’arrive beaucoup plus zen au travail 🙂 Pourquoi pas vous ?

Aller plus loin sur le sujet du gain de temps. Si l’exercice vous a plus, faites du tri dans vos applications (qui parfois prennent du temps pour rien, sans que l’on s’en aperçoive) ! Vous allez finir par croire que je suis anti-smartphone, mais ce n’est pas le cas, je conserve le mien et ce que je considère consciemment comme étant l’essentiel. Je pense par contre que l’on a tendance à trop se connecter « inconsciemment » à cet objet et par la même occasion à trop se déconnecter de soi-même… pour peut-être s’apercevoir un jour qu’on a manqué de bons moments. Je m’en aperçois avec les enfants en me faisant parfois la réflexion « qu’est-ce que je fais sur Facebook maintenant alors que je pourrais jouer avec eux ? ». On est vite pris dans l’engrenage et par la même occasion, on conditionne nos enfants : « c’est normal de passer son temps sur un smartphone, papa et maman font pareil, et comme ce sont mes modèles de référence »… Regardez autour de vous le nombre de personnes qui marchent en regardant leur écran, avec leurs écouteurs. Dans le métro, au jardin d’enfants, dans les bois… Bref, je m’éloigne du sujet… et si je continue je vais parler des Pokémons qui volent l’attention de milliers de personnes !

Je vous laisse expérimenter. Prenez le temps nécessaire pour intégrer tout ça.

J’espère que l’article vous a plu, si oui j’espère que vous le partagerez, sinon j’espère que vous le partagerez aussi pour les personnes qui pourraient aimer le lire. A bientôt sur Sophro-Guide.fr 🙂

A vos commentaires et BONNE RENTREE !

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